Focus sur les femmes
NOUVEL ESPOIR AU RAJASTHAN Dans le village de Nichlaphala, au nord-ouest du Rajasthan, Andu et ses deux filles tiraient péniblement quelques boisseaux de blé de leur parcelle de terre. Lorsqu'en 1982 des agents d'assistance vinrent de la ville suggérer aux villageois de consacrer la moitié de leurs terres à la culture du mûrier pour nourrir des vers à soie, elle fit montre du même scepticisme que les autres. Les chenilles feraient de la soie, promettaient les agents, et la soie rapporterait de l'argent, en quantité plus que suffisante pour remplacer le blé. Un village a accepté de tenter l'expérience, mais seulement après qu'un administrateur de projet eut juré, devant les statues des divinités locales, qu'il s'efforcerait réellement de lui venir en aide à tous les stades de l'opération. Avec 300 autres femmes de 12 villages des environs, Andu commença à faire pousser des mûriers. Dans le cadre d'un projet du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), on leur fournit des vers à soie et on leur enseigna la sériculture : elle apprit à prendre soin des vers pendant les 25 jours précédant la formation des cocons, à manier les cocons, à dévider la soie et à la filer. Maintenant, les femmes portent les cocons à un centre de dévidage situé dans le village de Sisarma, où la soie est également filée pour être ensuite vendue aux tisserands de tout le Rajasthan. Andu gagne environ 700 dollars par an, soit près de 40 fois plus qu'une famille indienne moyenne. Ses revenus lui ont permis de rembourser ses dettes et d'envoyer ses filles dans un collège de district. "Et, dit-elle, je n'ai plus besoin de m'échiner à longueur de journée dans les champs." Le régime alimentaire de sa famille s'est en outre considérablement amélioré. Le mûrier a des racines profondes qui lui permettent d'atteindre les nappes d'eau souterraine et donc de survivre à la sécheresse sans irrigation. Comme le sol reste humide entre les arbres, on peut y planter des choux, des épinards, des champignons, des carottes - tous légumes jusqu'alors inconnus d'Andu. Avec les déchets, elle nourrit des poulets. Dans le cadre du même projet sont également menées des initiatives d'enseignement sanitaire à base communautaire visant à aider les villageoises à résoudre des problèmes d'ordre plus général. Une fois par mois, ces femmes se réunissent pour fixer le calendrier des programmes de travail : distribution des vers à soie, fabrication des instruments en bambou, supervision des centres de santé et des écoles primaires locales. Elles ont également entrepris d'examiner des questions sociales, par exemple les moyens de lutter contre les multiples problèmes que soulève la licence des murs. Onze cent nouvelles familles se sont associées au programme de sériculture dans ses phases ultérieures, auxquelles ont participé le Programme alimentaire mondial et le Fonds des Nations Unies pour la population, ainsi que des organismes locaux. Mais les agents d'assistance se retirent progressivement, à mesure que la conduite des opérations passe aux mains des villageoises, qui se transformeront bientôt en entrepreneurs indépendants. Andu envisage l'avenir avec espoir. Elle dit : "La vie que je mène, ma mère ne pouvait rien de plus qu'en rêver." source : http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/women/portrait.htm
Le fil de sa vie
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