Du Bombyx @ la Soie
Midi Libre 18 avril 1999

17/08/99


Le Midi Libre - dimanche 18 avril 1999 - page : ALES pratique, rubrique : insolite

Le savant sauva la sériciculture
L'arbre d'or tient compagnie à Pasteur.
Les mûriers n'étaient pas là pour donner de l'ombre.

A la suite du nouveau déménagement de la statue de Pasteur, l'année dernière, le maire avait demandé qu'un mûrier soit planté à côté du monument. Il s'agissait d'évoquer la raison qui justifie la reconnaissance de notre ville envers le savant : son travail sur les maladies du vers à soie.

Mais tout le monde n'a pas le sens des symboles : au lieu du mûrier blanc dont la feuille nourrissait les chenilles voraces, l'entreprise chargée de la plantation ne trouva rien de mieux que de planter ... un mûrier platane. Le service municipal Paysage et Nature a procédé dans l'hiver au remplacement qui s'imposait, et la première feuille est apparue. Il n'y aura peut-être pas de magnarelle pour venir la récolter, mais nous la verrons à l'automne virer au jaune éclatant qui a valu à l'amorièr de nos grands-mères son autre nom occitan : aubre d'aur, arbre d'or.

La production cévenole de cocons était passée de 25 000 tonnes en 1850 à 300 en 1865 à cause d'une maladie du ver à soie, la pébrine. Cette année-là, à l'appel de son ancien professeur Jean-Baptiste Dumas, Louis Pasteur passa trois semaines à Alès pour étudier le problème. Il revint plus longuement et à trois reprises, à partir de l'année suivante, séjournant au domaine Pont-Gisquet, route de Saint- Jean-du-Pin".

Pasteur démontra que la pébrine était d'origine microbienne, ainsi que la flacherie, une autre maladie qui se révèle par l'état flasque du ver. Il insista donc sur la nécessité de l'hygiène dans les magnaneries.

Mais le résultat le plus concret des travaux du savant fut la mise au point d'une méthode de sélection des "graines" (on désigne ainsi les oeufs du bombyx du mûrier, papillon dont la chenille est appelée ver à soie).

La statue érigée en 1896 exprime la reconnaissance des "éducateurs" de vers à soie et des filateurs de la région alésienne ainsi que celle des soyeux de Lyon dont l'industrie est évoquée sur le socle. Pasteur tient dans la main gauche un rameau de bruyère chargé de cocons."

Alain ANDRE